L'anxiété, la peur, l'angoisse, comprendre-gérer- accepter

Ce mois-ci la peur,l'anxiété, l'angoisse, comment soigner ces troubles si fréquents parmi nous?


Avant de lire cet article je vous conseille de lire celui sur les TCC afin de mieux comprendre les différents termes utilisés.

 
Qu'est-ce que la TCC?

 

Il arrive à chacun d'avoir peur, nous avons tous déjà été anxieux, nous savons donc tous de quoi on parle quand il est question de peur ou d'anxiété. Il y a parmi ces peurs deux types, les peurs ou anxiétés justifiées et réalistes et des peurs ou anxiétés exagérées ou irraisonnées.

 

Tout devient affaire de degré lorsque l'on veut parler de souffrance car dans ces peurs il y a un degré qui perturbe au point de constituer un réel handicap : un trouble anxieux.

 



 


Les troubles anxieux sont les troubles psychiques les plus fréquents qui existent (18% de la population). Il sont souvent détectés et traités tardivement. Cela tient au fait que de nombreuses personnes ont peur ou honte de parler de leurs problèmes psychique et d'aller voir un spécialiste.

 

Leur origine tient à des facteurs multiples, en particuliers à des facteurs génétiques, des facteurs environnementaux (liés à l'éducation) et des évènements liés à des événements traumatiques.

 

Heureusement, il existe des traitements efficaces et prouvés pour prendre en charge ses troubles si nombreux et invalidants: Les TCC et l'ACT !!

 

Si vous ne savez pas ce que sont ces initiales allez sur l' article suivant:

 



 

 

Alors cette peur, protectrice ou bien néfaste?

 

Faisons appel une nouvelle fois à Darwin. Si la peur est une chose qui a été conservée c'est que d'un point de vue de l'évolution elle a un intérêt. Mais alors lequel? Si vous imaginez l'homme de cro magnon, entre celui qui a peur tout le temps et celui ne s'inquiète de rien, lequel a survécu?

 



 

Ainsi la peur est un mécanisme qui nous a permit de devenir l'espèce dominante sur cette terre. Comment celle ci peut nous être parfois aussi néfaste? Explication.

 

Observer le schéma ci dessous en suivant les chiffres.

 


 

Imaginez qu'un bruit de marteau piqueur arrive à votre système nerveux central, le big brother cérébral, qui perçoit tout des cinq sens aux images en passant par les pensées et sensations intérieures.

 

Cette onde sonore va être traitée de deux manières, l'une, la raison "tiens des travaux", l'autre ,l'émotion, "pff, encore, c'est pénible....". Il existe une partie du cerveau, le système nerveux autonome, qui va transcrire cette émotion en réponse corporelle.

 

ça va  vous me suivez toujours?

 

Soit cette émotion est jugée non dangereuse et il active la réponse de détente: le mode caverne (la perpétuation de l'espèce). Soit celle ci est considérée comme dangereuse et est activée la réponse de défense: le mode savane (la survie). Comme vous l'aurez compris ce mode est une réaction de défense face à une agression, telle une gazelle confrontée à un lion. A partir de là trois réactions sont possibles, fuir, combattre ou faire le mort, d'où les 3F: Fight, Fly et Freeze. Que fait le corps ainsi? Il déclenche une réaction générale de tension soit, entre autres, l'augmentation :

  • Du rythme cardiaque
  • De la respiration
  • De la vigilance
  • Des tensions musculaires
  • De la pression artérielle

 

Tout ceci décrit la réaction à une stimulation jugée comme agressive et bien sûr la réaction est proportionnée à la menace. Autre conséquence, il y a une inhibition du mode caverne d'où une perturbation de la digestion, du sommeil ou bien de la sexualité.

 

Alors quand est-ce que cela coince?

 

Disons, quand la raison s'en mêle: l'appréhension. Une personne sensible, c'est à dire sensibilisée par un traumatisme ancien ou bien ayant un trait d'hypersensibilité, va amplifier cette réaction par ce que l'on appelle l'appréhension anxieuse soit "pourvu que cela ne se représente pas" ou "ça recommence" à la moindre perception d'un petit signe de tension. Ces pensées agissent comme des déstabilisations et réactivent le système de défense. La boucle est bouclée, un cercle vicieux se  créé, un trouble se développe.

 



 

Ainsi entre la peur qui gène et la peur qui handicape il n'y a qu'une différence de degré. Le degré évolue donc en fonction de sa nature, de son environnement ainsi que de son histoire. Une personne sensible obtient une promotion où elle devra parler en public et développe une phobie sociale car dans son passé quand elle prenait la parole en classe elle avait été traumatisée (exemple taillé à la hache, je vous l'accorde).

 

Pourquoi un trouble anxieux s'aggrave-t-'il?

 

 

Le mécanisme principal de développement de la peur est l'évitement. En effet plus l'on fuit l'évènement plus on se coupe de la réalité et rejoint l'imagination. Plus l'on s'éloigne de la peur plus l'on dés entraine ses capacités à faire face.

 

L'autre mode d'aggravation est la généralisation. En effet un évènement provoque une réaction de peur soit: le cœur qui bat. Puis, par la suite, comme un conditionnement, c'est le battement de cœur qui devient le déclencheur de la peur et par conséquent tout ce qui le fait battre.

 

Petite peur peut devenir grande

 

 

Voici quelques exemples de peurs qui font sourire et leur égal qui traumatise

 

  • "Soucis"
    •  Sans souffrance et/ou handicap   "Soucieux"
    • Avec souffrance et/ou handicap : Anxiété généralisée
 
 

  • "Peur des araignées"
    •  Sans souffrance et/ou handicap   "Peur"
    • Avec souffrance et/ou handicap : "Phobie spécifique"
 

  • "Peur des foules/ peur des autres"
    •  Sans souffrance et/ou handicap   "Peur simple"
    • Avec souffrance et/ou handicap : Agoraphobie/ Phobie sociale
 

  • "Manie de l'ordre"
    •  Sans souffrance et/ou handicap   "Maniaque"
    • Avec souffrance et/ou handicap : Trouble obsessionnel compulsif
Il y en a encore beaucoup d'autres soit: Les attaques de panique (spasmophilie ou crise d'angoisse), l'hypocondrie, le stress post traumatique, les phobies diverses et variées (sang, oiseaux, école) ou encore l'anxiété de séparation. Nous y reviendrons à l'avenir car toutes sont très bien expliquées et traitées en TCC/ACT.

 

 

Alors comment faire?
 
Ces différents troubles anxieux feront tous l'objet d'un article sur ce blog. Mais d'une manière générale, en TCC, nous abordons les troubles anxieux à travers l'analyse fonctionnelle.  Comment se maintient mon trouble, quels sont les renforçateurs et également qu'est ce qui améliore?. Nous faisons ainsi un travail d'auto observation sur les situations déclenchantes, les pensées associées, les émotions et sensations en enfin le comportement qui en découle
 
Par exemple en cas de claustrophobie. 
 
Elément déclencheur : rester bloqué dans un  ascenseur Pensée: "je vais y rester" "je vais étouffer" Emotions sensations : oppression, peur. Conséquence: évite tout les endroits ou la personne peut rester bloquée Ce qui agrave, l'évitement et la pensée "ça y est ça recommence", ce qui améliore la respiration et détourner l'attention.
 
 
 
Ca va passer: L'habituation
 
Ainsi le traitement chez cette personne sera de s'exposer progressivement à ces situations anxiogènes après avoir appris les techniques de gestion respiratoire et des pensées afin de provoquer ce qu'on appelle le processus d'habituation.
 
Quel est ce processus?
 
Imaginez une souris, vous lui présentez un chat. Au début, forcément le mode savane se déclenche. Puis, à force de rester en contact avec ce chat qui ne la mange pas, cette souris va s'habituer à lui. C'est à dire qu'elle va faire l'expérience de l'habituation, l'angoisse fini toujours par retomber. Ce qu'elle n'aurait pas pu expérimenter si elle avait fuit donc évité.
 




 

Ici l'évitement aurait aussi consisté à faire autre chose pour que l'angoisse tombe. Soit fumer, manger ou bien prendre un médicament. Ce qui, par conditionnement, conduit à faire ceci à chaque fois que nous sommes en état de peur ou d'anxiété... un autre problème commence (voir l'article sur les troubles du comportement alimentaire)

 

Ainsi en TCC nous apprenons cette habituation mais d'une manière progressive suivant les capacités de la personne. Mais chose promise chose due promis j'y reviendrai.

 

En thérapie d'acceptation et d'engagement nous insisterions beaucoup sur le caractère inévitable de l'anxiété. Puisqu'elle est là, autant composer avec. Mais aussi sur son caractère protecteur.

 

 

 




 

Explication:

 

"J'ai peur d'échouer à cet examen" ou "il ne faut pas que j'échoue"

Soit j'écoute cette peur d'une manière nocive et donc à combattre et m'enferme dans des solutions alternatives qui m'éloignent de la personne que je voudrais être (évitement des examens, médicaments) ou bien j'accepte cette peur et essaye de la comprendre. Que peut-elle bien vouloir me dire?

 

Si cette pensée vous voulait du bien mais qu'elle s'y était mal prise?. Oui, en effet, une maladresse. Que diriez vous de cette autre interprétation?



"c'est important pour toi de réussir alors donne tout ce que tu as pour y arriver" ou bien "si tu ne veux pas échouer travaille". Prenez ainsi celle-ci comme une invitation à l'action. Et si vous suivez ma pensée tortueuse... n'est-ce pas un des premier rôles du mécanisme de peur... AGIR pour survivre. Bon d'accord, je ne vais pas mourir si j'échoue mais le canal est similaire. Capito?

 

Aimer et comprendre sa peur

 

Ainsi après s'être débarrassé des réactions physiques intenses, peut être pourrions aimer nos peurs pour ce qu'elles nous invitent à faire. Peut être que s'il n'y avait pas la peur, de nombreuses expériences de notre vie n'auraient plus la même saveur. Imaginez votre premier flirt sans la peur de mal embrasser!. Imaginez un concert ou  bien une pièce de théâtre avec la certitude de réussir.... il arrive même que l'on paye pour avoir peur!

 

Alors? On jette le bébé avec l'eau du bain? Bien sûr que non, à nous en thérapie d'équilibrer les choses.

 

Ainsi, je terminerai cet article par cette vidéo que je montre à quasi tout mes patients...Ce n'est pas parce que ma peur me paralyse qu'il ne faut pas en rire...

 

 
A bientôt.
 
Le mois prochain: Les phobies ou les troubles obsessionnels et compulsifs

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