TCC et ACT des thérapies globales. Corps, esprit et ...

Ce mois-ci j'aimerais approfondir ce qui fait la spécificité de ma pratique alliant le corps à l'esprit.
Effectivement, ce que viennent souvent chercher mes patients, c'est une réponse globale à un problème qui n'est jamais purement psychologique ou corporel mais bien les deux. Ainsi, je vais me permettre de creuser cette approche et même plus car je vous propose de l'ouvrir à plus de globalité avec la perspective sociale.

 

Les TCC, un modèle BIO-PSYCHO-SOCIAL

(si vous ne connaissez pas ces initiales cliquez ici avant lien )

 

 


 

 

Une souffrance, un trouble ne se caractérisent et ne prennent pas leur origine uniquement dans le psychique. Démonstration.



 

La souffrance c'est d'abord un corps, une biologie

 


 

Avant d'être des Hommes réfléchissant nous étions plus proches de l'animal. Il nous est alors resté une partie de cerveau appelée le cerveau reptilien (400 millions d'années). C'est lui qui commande toutes les réactions de survie et de protection de l'espèce dont la peur et autres émotions. Il est apposé à celui qui réfléchit, le neocortex (3,5 millions d'années). Dans toutes déstabilisations il réagit.

 

Notre corps est donc le siège de nos instincts, le siège de nos besoins, de nos désirs. A ce titre il commande pour une bonne part tous nos comportements. En effet, l'angoisse reste avant tout un comportement de protection contre une menace, même si celle-ci n'est pas appropriée.

 

Même si l'angoisse est provoquée par un élément non matériel comme la peur de rater, il n'en reste pas moins que cette réaction de stress se traduit par des manifestations corporelles (pour en savoir plus lisez cet article ( La cité de la Peur, Les troubles anxieux.... ). Ceux qui savent ce qu'est l'angoisse savent que la peur n'est pas un concept psychique.

 

Un corps c'est aussi une génétique. On estime actuellement que nos comportements sont conditionnés entre 40 et 50% par nos gènes. Nos gènes influencent donc notre personnalité, nos réactions émotionnelles voire notre mode de penser. Ainsi, une personne qui fait 2 m et 120 kg  n'aura pas le même rapport au monde qu'une autre de 1m60 et 50kg vous en conviendrez.

 

Enfin, autre argument en faveur de la biologie, les neurosciences. Les neurosciences étudient le fonctionnement du cerveau  par le biais d'imagerie cérébrale (l'IRM fonctionnelle une sorte de vidéo du cerveau en temps réel), de mesure du champ électromagnétique ou encore par le biais des neurotransmetteurs (les véhicules des informations neurologiques) mais j'en passe tellement ce courant scientifique est prolifique. Concrètement, c'est avec ces instruments que l’on a pu identifier les fonctionnements cérébraux défectueux dans le cadre de la schizophrénie ou encore l'autisme. On a pu (Mathieu Ricard fut un bon cobaye) prouver les énormes bénéfices de la médiation à l'aide de cette méthode de recherche. La médiation améliore le recrutement de certaines zones cérébrales impliquées dans tout un tas de comportements (jusqu'à l'altruisme). Afin de garder une certaine légèreté dans cet article je ne vous donnerai pas plus d'exemples mais il suffit de taper "neuroscience" pour observer les nouvelles avancées (voir le magazine cerveau et psycho).

 


 

Sachez que lorsque que j'explique que les TCC sont un modèle de psychothérapie issue de la science c'est en partie ici que nous avons pu prouver l'efficacité de celles-ci à l'aide de ces instruments de mesure. Le cerveau d'une personne dépressive comporte un certain nombre de dysfonctionnements cérébraux (notamment une chute de lé sécrétion de la sérotonine). On a pu comparer l'efficacité des TCC avant et après la thérapie par ce biais.

 


 

Comment gère-t-on le corps en TCC? Par l'émotion. L'émotion est une traduction des états psychiques dans le corps. Apprendre à mieux accepter, identifier et gérer ses émotions est ici fondamental et aide ainsi à mieux  se comporter et mieux penser. C'est alors savoir se calmer pour agir efficacement. Mais le corps se travaille également à travers ce que l'on appelle le schéma corporel, la façon dont on se perçoit, notamment à l'aide des techniques de pleine conscience. Ne pas percevoir son corps, ses émotions est un des facteurs importants des troubles psychiques. Voici donc le premier tiers que nous travaillons.



 

L'esprit évidemment



 


 

La sphère psychologique concerne évidemment notre passé, l'effet "chat échaudé craint l'eau froide". En effet, un militaire ayant vécu le conflit en Afghanistan ne vivra pas la dispute avec sa femme de la même manière qu'un autre. La façon dont nous avons vécu les événements conditionne notre présent. Inutile de parler du passé tellement s'en est une évidence mais abordons un autre aspect : l'esprit se construit également par imitation.

 

Observons alors l'influence de l'éducation dans cette sphère psychologique. La façon dont nous pensons, vivons nos émotions ou encore parlons nous a été pour partie donnée par nos parents qui eux même l'on reçu...etc. Ici le problème n'est pas de culpabiliser les générations antérieures car nous pourrions remonter 4 millions d'années d'évolution mais bel et bien de comprendre comment nous en arrivons là lorsque nous souffrons. Lorsque l'on dit que l'esprit se développe par imitation cela veut dire que nous apprenons à penser en regardant les autres penser. Nous ne travaillons pas spécifiquement sur le passé mais savoir d'où l'on vient permet d'augmenter le travail d'acceptation de soi pour ainsi mieux le corriger par la suite. Comprendre que nos parents ont fait ce qu'il ont pu avec ce qu'on leur a transmis aide un peu non ?

 


 

En TCC prendre en compte l'esprit c'est comprendre la façon dont notre esprit, nos pensées, dysfonctionnent pour ainsi mieux les corriger. Par exemple des phrases comme  "je suis nul(e)" "je n'y arriverai jamais" ou encore "je ne suis pas intéressant(e)" sont ce que nous appelons  des pensées automatiques et représentent une façon d'envisager les choses qui posent évidemment problème. C'est alors le rôle des thérapies cognitives que de corriger ces erreurs de jugement. Mais puisque j'ai parlé du passé en début de chapitre précisons un peu la façon dont nous l'abordons. Le passé est pour nous un support pour se développer et non une chose à ressasser, réélaborer etc... C'est alors un travail de l'instant présent soit "comment vais je pouvoir exploiter ce que j'ai vécu pour mieux avancer plutôt que de ruminer ce qui n'est plus ou devrait être". Je n'ai pas le temps de développer mais jetez un oeil du côté de la résilience...



 

Le trauma fracasse, c’est sa définition. Et la résilience qui permet de se remettre à vivre associe la souffrance avec le plaisir de triompher. Curieux couple !.
Autobiographie d’un épouvantail
[ Boris Cyrulnik ] Citations resilience - Citation et proverbe sur resilience
Read more at http://www.dicocitations.com/citations-mot-resilience.php#OKMksJlcqGsfG3oT.99

Le malheur n'est jamais pur, pas plus que le bonheur. Un mot permet d'organiser une autre manière de comprendre le mystère de ceux qui s'en sont sortis : la résilience désigne la capacité à réussir, à vivre, à se développer en dépit d'adversité.

 


La résilience, c'est l'art de naviguer dans les torrents.

Boris Cyrulnik

Le trauma fracasse, c’est sa définition. Et la résilience qui permet de se remettre à vivre associe la souffrance avec le plaisir de triompher. Curieux couple !.
Autobiographie d’un épouvantail [ Boris Cyrulnik ] Citations resilience - Citation et proverbe sur resilience Read more at http://www.dicocitations.com/citations-mot-resilience.php#OKMksJlcqGsfG3oT.99



Si la génétique explique environ 40-50% de nos comportements l'esprit pourrait expliquer le reste... mais pas seulement...

 

Le social

 


 

Parmi les instincts il y a la grégarité soit le fait que l'être humain cherche à vivre en groupe. En TCC nous accordons donc une importance cruciale à ce facteur. En effet, et toujours en regard de l'évolution de l'espèce, le fait de vivre ensemble n'est pas le seul fait de la commodité mais avant tout une question de survie. La pression sociale est celle qui nous pousse à nous ressembler et alors peut être à avoir peur de la différence. Ainsi, le rapport à l'autre est tout sauf une question d'amicalité. Le regard de l'autre, des autres ou encore la position sociale donnent une certaine pression, la peur d'être rejeté, la peur de ne pas être aimé. C'est cette pression qui provoque parfois l'angoisse (l'anxiété sociale) voire des conduites alimentaires inadaptées sous l'effet de la mode, des régimes et autres idées de la maigreur.

 

Aucun trouble n'est insensible au facteur social

 


 

Comprendre comment la société prescrit nos comportements et nos façons de penser à travers cette "pression de conformité" n'est pas inutile, bien au contraire. Les modifications sociétales de ces dernières années ont fait émerger un certain nombre de troubles: burnout (dépression professionnelle), troubles alimentaires (régimes), anxiété de performance (le culte de la productivité) entres autres. il me semble important pour mes  patients qui se sentent souvent coupables voire honteux d'être anxieux, de comprendre comment ils peuvent être les victimes d'un système qui les dépasse voire les engloutit. Inscrire le corps et l'esprit dans cet environnement social voir familial permet de mieux comprendre et peut être d'avancer en laissant cette culpabilité sur le bord du chemin.

 

En TCC, il est alors important d'apprendre ce que nous appelons des habiletés sociales. En effet, apprendre à parler en public, à gérer une équipe par un comportement affirmé ou encore savoir ne plus craindre le regards de l'autre, aide à faire face à cette pression sociale. En thérapie ACT (explication dans cet article Qu'est ce que l'ACT? )  nous apprenons à développer nos propres valeurs en relation avec les autres mais des valeurs qui nous sont propres, des valeurs choisies, non imposées (cet article en parle mieux : Parce que je le vaux bien )

 



 

 

Les trois mousquetaires  de la thérapie

 

Un troubles psychique (bien que venant de vous prouver qu'un trouble n'est jamais que psychique) c'est comme un départ d'incendie... Nous sommes un terrain, une forêt Corse (génétique, corporel) exposée aux intempéries et au vent (psychologique, éducationnel) et un matin, une étincelle (un facteur environnemental ou social) vient faire tout flamber. C'est alors une équation à trois inconnues : il faut les trois pour que tout se déclenche, les trois pour que tout retourne dans l’ordre. La question du pourquoi nous développons un trouble psychique tient en ce que nous appelons la vulnérabilité. On sait très bien prédire quels types de problèmes telle personnalité peut développer mais impossible de l'assurer car l'environnement peut tout stabiliser (la résilience).

 

L'originalité et l'efficacité des TCC est d'observer la personne humaine à travers ces trois prismes ainsi qu' à travers leur interaction. Comprendre comment un trouble s'enracine et se déclenche dans ces trois éléments permet de mieux le soigner et de savoir où intervenir. Ceci de manière durable contrairement à ce que la psychanalyse veut bien dire (sans  preuve).

 

"Men sana in corpore sano in socialis sano"

 


 

Au mois prochain et n'oubliez pas de  diffuser, poser des questions, critiquer si vous le souhaitez!

1 commentaire:

  1. TRès intéressant votre blogue. Je le place dans mes favoris. Il est tout à fait à point pour moi qui ai "expérimenté" tous les troubles dont vous parlez (Burnout, trouble alimentaire, anxiété généralisé). Serais-ce possible que vous vouliez dire méditation et non médiation dans le passage où vous parlez de Mathieu Ricard?
    Bravo! pour votre travail, je partage votre page.
    Marie-C

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