Pleine conscience.. Baudelaire aussi, Baudelaire déjà...

Bonjour à toutes et à tous,

J'aurais pu vous parler de tout un tas de choses. J'aurais pu oui. Mais hélas le temps manque (rassurez vous, l'article prochain est bientôt prêt ;-). Mais surtout parce qu'il faut s'incliner lorsqu'aussi peu de mots concentrent autant de belles choses....



ENIVREZ-VOUS

 
Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
 
Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.
 
(In Les petits poèmes en prose)



Ainsi, en début de printemps, énivrez vous! 

Yannick 

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