J'aime, I like, Leçon de psychologie positive d'un ami Libanais

Bonjour à toutes et à tous,

Libéré (délivré) de ma tâche Universitaire je reviens vers vous ce mois-ci et une fois de plus sur la psychologie positive. 

Cette réflexion m'a directement été inspirée par un ami Libanais, qui, au détour d'un verre de rosé lors d'une soirée d'été, m'a littéralement donné un autre regard sur le paysage que j'avais face à mes yeux: La France.





 Si vous suivez ce blog depuis un moment vous savez à quel point je tiens le discours négatif fourni par les informations comme responsable d'une morosité ambiante, d'une "dépressurisation" de nos esprits.

A 8h00, au 20h00, les informations se succèdent sur le même thème:  la mort,la tristesse, la négativité. Ce que le philosophe Spinoza a appelé les passions tristes.

Selon lui, les passions sont des affects qui touchent aussi bien notre corps que notre âme et qui résultent d'une influence extérieure.

Ces discours négatifs, répétés à l'envie, conditionnent donc notre regard sur le monde, sur nos relations, sur nous même.

Observez de quelle manière le French Bashing, cette tendance à moquer et ridiculiser la France et les Français, vient polluer nos esprits et menace toute tentative de nous en sortir puisque nous sommes si nuls...etc. Le plus fort c'est que ce discours provient bien souvent des Français eux-même et non de l'extérieur!!
Ce discours, servi pas les médias, nos institutions, voire dans certains cas nos enseignants (le peut mieux faire) nous donne une vision erronée (du moins partielle car il y a  du vrai) de nous même, de notre avenir. Or, force est de constater que cette perception n'est pas toujours juste. Pour preuve, lors des attentats un New-yorkais à écris ceci:

  
"La France incarne tout ce que les fanatiques religieux haïssent: la jouissance de la vie ici, sur terre, d'une multitude de manières: une tasse de café qui sent bon, accompagnée d'un croissant, un matin; de belles femmes en robes courtes souriant librement dans la rue; l'odeur du pain chaud; une bouteille de vin partagée avec des amis, quelques gouttes de parfum, des enfants jouant au jardin du Luxembourg, le droit de ne pas croire en Dieu, de ne pas s'inquiéter des calories, de flirter et de fumer, et de faire l'amour hors mariage, de prendre des vacances, de lire n'importe quel livre, d'aller à l'école gratuitement, de jouer, de rire, de débattre, de se moquer des prélats comme des hommes et des femmes politiques, de remettre les angoisses à plus tard: après la mort. Aucun pays ne profite aussi bien de la vie sur terre que la France. Paris, on t'aime. Nous pleurons pour toi. Tu es en deuil ce soir, et nous le sommes avec toi. Nous savons que tu riras à nouveau, et chanteras  à nouveau, que tu feras l'amour, et que tu guériras, parce qu'aimer la vie fait partie de ce que tu es. Les forces du mal vont reculer. Elles vont perdre. Elle perdent toujours."


Source ici





C'est un peu le discours qu'a tenu cet ami Libanais, offusqué par tant de gâchis. Pour une bonne partie du monde le bonheur c'est prendre une douche, avoir de l'électricité, savoir lire. N'y voyez pas chez moi la vieille rengaine c'est pire ailleurs!, mange car des enfants meurent de faim!...etc.

Non, simplement tel que Spinoza nous y invite: ni rire ni pleurer mais comprendre. Comprendre les implications d'une vision nihiliste du monde, des autres et de soi, comprendre les implication d'une vision plus juste: ni négatif, ni le positif, les deux. 




Imaginez l'implication de l'unique discours désespérant sur nos enfants: mort, chômage, maladies..etc. Imaginez un enfant qui entend ce discours une bonne partie de sa vie avant de pouvoir en faire sa propre idée. Va t-il choisir l'aventure ou bien la sécurité?
En psychologie on sait que la perception du monde est influencée par nos affects. Lequels conditionnent nos actions. Êtes-vous prêt à léguer cela à vos enfants? Moi non et c'est ce que je compte démontrer peu après.


Avant, d'aborder cette vision positive (mais non exclusive) il est intéressant d'observer quelle est la raison de ce Bashing.


La principale fonction est d'instiller la peur, la crainte. Or, c'est lorsque nous sommes sous le coup de ces émotions que nous sommes les plus malléables. Bien que j'ai pu disserter sur les bienfaits de la peur, il est ici question de son intensité et de sa prédominance sur l'espoir.

Lorsqu'il parle de passions tristes, Spinoza explique qu'elle implique chez nous un état d'impuissance, un état où nous sommes le plus séparé de notre capacité d'agir, de notre liberté. 

Cet état intéresse alors un certain nombre de personnes. En étant honnête et en tant que parent, c'est souvent que nous invoquons la peur pour obtenir de nos enfants qu'ils travaillent à l'école ou obéissent ( le père Noël...etc). Sauf que ce mode d'action se double lui des encouragements, ce qui ne paralyse pas totalement nos bambins. Un tout autre contexte est lui sociétal. En effet, comme a pu l'écrire Georges Orwell dans 1984:

« Les bombes-fusées qui tombaient chaque jour sur Londres étaient probablement lancées par le gouvernement de l’Océania (le pouvoir en place, nda) lui-même, « juste pour maintenir les gens dans la peur » »
George Orwell, 1984 

Même si la peur est l'avatar des tyrans, nous savons tous qu'elle fait vendre que nous achetons plus ces journaux (Voir le tirage de Charlie Hebdo lors des attentats). Le but est bien plus consumériste que politique.

Mon idée n'est pas de parler de politique  mais simplement de vous faire observer la nécessité de construire un discours alternatif à cette négativité ambiante tel qu'a pu me le soumettre cet ami Libanais qui, lors de son arrivée en France, était choqué de se laver avec de l'eau potable ! Apprécions donc où nous vivons!

Certes la France n'est pas au mieux (mais par rapport à quoi d’ailleurs, qu'elle est la référence? L'avant c'était mieux?) mais lorsque nous ouvrons nos fenêtres, nos yeux, nos oreilles, lorsque j'ouvre ma fenêtre, mes yeux, mes oreilles voici ce que j'aime.



De l'occasion de sourire, de jubiler...dans un monde de brutes



Ainsi, tel qu'ont pu le conseiller à la fois les philosophes antiques (Epicure et son pur plaisir d'exister où une simple miche de pain et des amis suffisent à atteindre le bonheur) mais aussi et entre autres Nietzsche et Spinoza, travaillons à contrebalancer ce négativisme par la joie, la vrai, celle que l'on perçoit, celle que l'on touche, entend, voit, goûte et sent (y voyez-vous ici une invite à la pleine conscience?). En effet, car selon Spinoza c'est bien la conscience qui pêche, alors faisons action de conscience, "likons". Par exemple:




 
Mon village

J'aime mon village pour la vie et la proximité sociale qu'il m'apporte. J'aime mon village car grâce à lui je sais où j'habite, d'où je part et où je rentre, un repère (repaire) de lieu mais aussi temporel, il est là et le restera. C'est mon assise. J'aime mon village par son école, laïque et surtout gratuite. J'aime cette école qui quoi qu'on en dise reste un modèle dans sa capacité à faire respecter et surtout apprendre les règles de la république Liberté Égalité Fraternité. J'aime ses associations, là où il n'y a pas de barrière sociale et où le bien commun prime sur le bien privé. J'aime mon village pour ses infrastructures mais aussi ses églises et ses monuments qui me rappellent qu'avant moi il y avait des hommes mais qu'il y en aura aussi après, un village qui se transmet de citoyen en citoyen.

J'aime mon village 








Mon Département

 
J'aime mon département, l'un des plus beau de France (peu importe la véracité, l'important est de le voir comme tel ;-). J'aime ses montagnes elles aussi intemporelles, ce chêne qui chaque année reverdi, cet acacia qui embaume ces forêts. J'aime mon département pas sa capacité à me protéger grâce à des routes et des services routiers mais aussi sa capacité à protéger les plus démunis dont je ferrai peut être partie un jour. Ce jour là, je serai heureux de pouvoir bénéficier du RSA, de l'allocation personne âgée. J'aime ce département pour sa richesse gastronomique, le poulet à la crème, ses matefaims et ce magnifique Manicle Blanc qui fait pâlir certains Bourgognes. J'aime mon département pour sa diversité tant celles des paysages que des influences culturelles, le Bugey, les Dombes ou encore le reverront pour ne citer que ces régions.

J'aime mon département. 




  Mon Pays

 
J'aime mon pays, La France. J'aime la France parce que lorsque vous partez à l'étranger et que vous prononcez les mots, France, Paris, Bordeaux le visage de votre interlocuteur s'illumine et vous fait sentir fier. Ce sentiment qui vous fait dire intérieurement: Ouais j'en suis, I'm in ! J'aime ce Pays car on pourra dire ce que l'on veut Liberté Égalité et Fraternité restent ancrées dans nos gênes, sans nous en rendre compte ces valeurs là nous animent, il suffit d'en parler à ceux qui ne sont pas concernés par ces trois valeurs fondamentales pour s'en rendre compte. Mon ami Libanais ne contredira pas sur ce point. J'aime la France pour son histoire. Louis XIV, le roi soleil et l'empire le plus puissant du monde c’était chez nous! , la révolution Française qui a servi de modèle à toute l'Europe, c'est nous! La déclaration universelle des droits de l'Homme, encore nous ! Le siècle des lumières chez nous! Le non à la guerre en Irak, le même pas peur de Charlie Hebdo c’était nous aussi. J'aime ce pays pour ses philosophes (Montaigne), ses artistes peintres.... et j'en passe. Paris! la plus belle ville du monde visez un peu: «Seule Paris est digne de Rome, seule Rome est digne de Paris!». Et puis il y a tout le reste... les paysages.... la culture...ses identités aussi diverses que fortes, la pays basque et sa Peña Baiona, la Bretagne et ses Bagads. Impossible de dire tout ce que j'aime en ce pays en quelques lignes mais force est de constater que dans le monde nous sommes plusieurs à l'adorer.

J'aime mon pays.




 



Bien évidemment ces mots, ces goûts et ces préférences sont les miens et je pourrais en faire de même à l'infini avec ma famille, mes proches, mon travail voire mon chien. Voir le positif doit être un acte, une discipline pour nos cerveaux trop habitués à voir le danger pour mieux s'en protéger. Plus que cela, s'entrainer à aimer ce qui se présente nous nos yeux d'une manière inconditionnelle entraine alors l'espoir et une somme infinie de biens faits psychologiques mais aussi physiques..... Essayez de votre côté d'en faire de même en ne retenant que le côté positif et observez vos sensations à la fin.
  

 “Aimer c’est se surpasser”Oscar Wilde

 
Tout ce qu'a besoin un pays en crise, alors dehors le French Bashing et autre négativisme.










Un exo pour les vacances....

Comme à chaque fois voici un petit exercice de fin d’article Cet exercice m'a été inspiré par un discours de Mathieu Ricard.


1

Fermez les yeux et pensez fortement à tous vos ennuis. Lorsque vous avez l'impression de tous les avoir là, sous yeux clos, observez ce que vous ressentez dans votre corps, quelles sensations et quelles émotions cela vous procure.


2

Séparez maintenant les soucis qui viennent du passé des autres. Observez vos sensations et émotions


3

Toujours les yeux fermés, séparez dans l'autre partie les soucis qui viennent du futur. Observez vos sensations et émotions.



4

Ouvrez les yeux, contemplez l'endroit où où êtes et observez les soucis qui vous restent à cet instant présent. Que reste-il? 

 
Observez vos sensations et émotions.






Personnellement, le tas de soucis de départ à bien diminué et vous?







Ainsi je terminerai par cette citation d'Albert Camus: 



 “Je ne connais qu’un seul devoir, et c’est celui d’aimer” 



et d'ajouter peut importe le sujet ou l'objet



Just Like It



Bon été !
 Yannick  

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